Trois tissus,
trois héritages.
Chaque pièce Zayas naît d'une tradition textile. Voici l'histoire des trois tissus nigérians avec lesquels nous travaillons — et comment ils sont fabriqués.
Aṣọ-Òkè

Origine & histoire
Aṣọ-Òkè (« étoffe du haut ») est tissé depuis le XVe siècle par les artisans Yoruba du sud-ouest du Nigeria, notamment dans les villes d'Iseyin, Ede et Oyo. Réservé à l'origine aux rois, aux chefs et aux cérémonies les plus solennelles — mariages, couronnements, funérailles royales — il porte en lui le prestige et la mémoire d'un peuple. Chaque motif tissé est un langage : statut social, lignée, intention.
Le processus de fabrication
Le tissage se fait sur un métier horizontal étroit appelé « ofi ». Le tisserand assied en plein air, jambes tendues, manipule les pédales et la navette pour entrelacer des fils de coton ou de soie sauvage. Une bande mesure 10 à 15 cm de largeur seulement — il faut ensuite coudre plusieurs bandes côte à côte pour former l'étoffe finale. Une seule grande pièce demande entre 2 et 6 semaines de travail. Les trois variantes principales sont Etu (indigo profond), Sanyan (beige soie naturelle), et Alaari (rouge magenta).
Aujourd'hui chez Zayas
Nous travaillons avec des familles de tisserands d'Iseyin qui perpétuent ce savoir-faire de génération en génération. Chaque pièce Asooke de notre collection — pantalons, kimonos, ensembles — est issue de leurs métiers. Le coton est tissé main, 100% naturel, et chaque motif raconte une histoire que vous portez.
Adire

Origine & histoire
Adire (« attacher et teindre » en Yoruba) est l'art ancestral de la teinture à l'indigo, né au début du XXe siècle dans la ville d'Abeokuta, capitale historique des femmes-entrepreneures Egba. Transmis presque exclusivement de mère en fille, l'Adire a connu son âge d'or dans les années 1920-1960. Les motifs portent des noms et des récits — Olokun (la déesse de la mer), Ibadandun (« Ibadan est doux »), Sunbebe (« lève-toi et porte-moi des perles »).
Le processus de fabrication
Trois techniques principales : Adire Eleko utilise une pâte d'amidon de manioc dessinée à la plume de poule sur le tissu, ce qui empêche l'indigo de pénétrer les zones masquées. Adire Oniko consiste à nouer le tissu avec de la rafia autour de graines, créant des cercles concentriques. Adire Alabere brode le tissu avec un fil avant la teinture. Le tissu est ensuite plongé plusieurs fois dans une cuve d'indigo fermenté (Eluu) — chaque immersion approfondit le bleu. Après séchage, l'amidon est rincé et les motifs apparaissent en blanc ou écru sur fond indigo.
Aujourd'hui chez Zayas
Nos pièces Adire — comme la robe Agbeke — sont teintes à la main dans des ateliers familiaux d'Abeokuta, par des femmes qui maîtrisent l'art de l'indigo depuis l'enfance. Le coton est naturel à 100%, et l'indigo véritable issu de la fermentation traditionnelle. Aucune pièce n'est identique : chaque robe porte la signature unique de sa teinturière.
Ankara

Origine & histoire
Le wax — appelé Ankara au Nigeria — a une histoire fascinante de circulation entre trois continents. Au XIXe siècle, des marchands hollandais s'inspirent du batik indonésien pour produire en série un tissu imprimé à la cire. Le marché européen leur échappe, mais le tissu trouve une seconde vie en Afrique de l'Ouest, où il est adopté, transformé, et finalement réapproprié. Aujourd'hui, l'Ankara est devenu un emblème de fierté afro et de modernité, porté de Lagos à Brooklyn.
Le processus de fabrication
Le tissu de coton est passé entre deux rouleaux de cuivre gravés qui appliquent une résine à la cire de chaque côté — ce qui donne le motif identique recto-verso, signature de l'Ankara authentique. Le tissu est ensuite teint, lavé pour retirer la cire, et imprimé de couleurs additionnelles. Les craquelures fines visibles dans certains motifs sont volontaires et témoignent du procédé à la cire véritable. Chaque imprimé porte un nom, et certains motifs deviennent rares, recherchés comme des collectors.
Aujourd'hui chez Zayas
Nous sélectionnons des Ankara haut de gamme — 100% coton, double-face, avec des coloris profonds qui ne ternissent pas au lavage. Nous travaillons avec des fournisseurs nigérians qui privilégient les ateliers de Lagos et Kaduna. Notre coupe est résolument moderne : silhouettes architecturales, contrastes structurés, pour donner au tissu une seconde vie contemporaine.
